French, Literature, short story

Une lettre de rupture

Chère Nicole

Peut-être, ce sera la première fois et peut-être la dernière que je t’écris une lettre. Je crois que tu attends une décision après notre tchat ce matin. Et donc cette lettre. Une lettre, parce que si j’essaie de donner une autre forme à mes pensées, peut-être ça va porter un autre sens. Cette fois, et la dernière fois, il faut que je m’explique tant que possible.

Il y a des fois quand je me suis aussi souvenu que je ne sois pas un étant-humain, je ne m’exprime pas, et je parle rien beaucoup de temps, et je reste assis comme une pierre avec un visage indifférent… Tout le monde va penser le même. Alors, j’accepte que ce fût une faute… Une faute très grave. Si grave que ça a formé un mur entre nous. Et plusieurs fois, j’ai essayé de le briser. Mais je pense que comme tout mes autres essais, ce n’était pas assez. Je t’ai dite une fois, pour chaque argument, je trouve deux ou plusieurs points de vue, et je trouve presque impossible à les exprimer quand je ne suis pas convaincu 100 % moi-même. Alors, le silence !

Mais c’est aussi vrai qu’il y a des fois quand je ne trouve pas rien comme une réponse… Je suis perdu dans mes pensées, en la cherchant. Dans le brouillard. Ce matin, c’était un moment comme ça. Je savais que tu avais eu raison, et je cherchais les mots de m’exprimer… mais sans réussite. Donc je n’ai pas pu rien dire sauf que la réponse agitée, des mots mal formés, mal appliqués. Et tu sais mon combat avec les mots quand on parle. Tu aurais pu déjà trouver que je raconte clairement quand j’écris quelque chose, mais quant à parler, je reste toujours mué, surtout quand tu demandais une réponse toute de suite. Avant tout, ce serait une décision sur ma raison d’être.

Eh alors ! Je respecte ce que tu as décidé pour l’avenir. Ou plutôt, qu’il n’y aurait plus d’avenir avec toi et moi ensemble si je ne change pas aussitôt. Tes mots résonnent même maintenant dans mes oreilles. Et aussi le son quand tu as jeté ta tasse trop chère contre le mur. Ça, mon amie, ça m’a complètement énervé ce matin. Je ne savais pas quoi faire, ou quoi dire pour te soulager, te calmer. Mais ce moment-là, je me souvenais qu’il faut te donner une réponse. Je crois que ce sera mieux pour toi et moi, si notre chemin se sépare. Là, je suis tout à fait d’accord avec toi. Tu vois, il y a les sujets où on est à l’unisson !

Une séparation, parce que pour le lendemain, nos points de vue sont complètements différents. Oui, c’est vrai qu’il faut marquer tes pieds sur terre, pour que tu te seras souvenu, et faire les choses qui te font différente que les autres… Mais moi, je pense que tout ce que l’on fait dans sa vie quotidienne est également important, également spécial. Peut-être, on ne sera pas bien connu, ou on ne fera pas quelque chose de différente que la foule, mais tout ce qu’on fait, ce n’est pas banal. Ou inutile. Pour moi, j’ai les autres espoirs, mais être réussi dans la vie n’appartient pas à cette liste. Pas sûrement comment le monde compte le succès. Mais oui, j’ai envie de se faire beaucoup d’amis. Ou peut-être voir un nouveau pays. Apprendre à jouer un instrument. Hautbois. Violon… Pourquoi pas ? Peut-être, c’est la raison pourquoi je ne suis pas encore prêt pour te marier, et je crois que je ne serai jamais. Je n’aime pas être lâché, et malgré que tu es si libre, je crois que c’est exactement ça que tu veux faire.

Tu disais d’être préparé à tout quitter un beau jour et commencer à vivre pour moi-même. Alors c’était vraiment une bonne proposition. Mais je ne veux pas quitter ma passion qui me fait rêver… Je ne peux pas arrêter d’écrire…Il y a beaucoup de choses qui ont eu lieu ces jours-ci, et travailler dans mon métier, ça me fait penser, m’appliquer. C’est un moyen d’être créatif, ne pas vendre mon âme… Tu veux me voir réussir dans la vie, mais tu n’es pas prête me donner le temps. Je ne suis pas intelligente comme toi, j’ai besoin d’assez de temps pour me réfléchir à changer le chemin de ma vie. Plus tu me pousses, plus je me retire. Et donc, ma chérie, il faut que je m’en aille.

Mais Nicole, n’importe quoi qu’on décide de l’avenir, je te jure une chose — j’e n’ai jamais pensé mal de toi, et je n’aurai jamais. Pour moi, voici une personne telle spéciale, celle, qui les mots ne suffisent pas à expliquer. Comme je l’appelle, elle est en fait un ange, une vraie — la plus intelligente, la plus amicale, la plus sensible, la plus souriante, avec un cœur d’or. Quand je suis avec toi, le temps n’arrête jamais — les heures semblent-ils comme les moments, sauf pendant les silences. Avec elle, on se sent en confiance toujours, elle semble une éponge qui absorbe tout et laisse rien sortir. J’avais vraiment de la chance de rencontrer une personne telle spontanée… Son esprit vivant, l’indépendance personnifié… C’est toi mon amie.

J’espère que tu trouves succès, bonheur et achèves ceux que tu voulais faire…Et mon amie, j’espère qu’on reste amis, et n’importe où la destinée nous emmènera, à n’importe quelle partie du monde sommes-nous, l’amitié qui reste entre nous, ne s’évanouit pas avec le temps. Parce que d’abord nous étions amis, avant tout ça, pour presque toute ma vie. Peut-être nous sommes frustrés, mais nous partageons aussi les meilleurs moments de nos vies. Ces morceaux de mémoires seront toujours très chers pour moi… Trop riches pour les abandonner. Comme je t’ai dite une fois, notre vie est comme les chemins de fer. Un moment, deux chemins sont côte à côte, et le prochain, on est tout seul tant qu’un autre chemin nous joindre.

Et moi ? Qu’est-ce que je vais faire ? Alors être tout seul… C’est la vie. Tu peux me dire le mieux… Mauvaises plaisanteries et les dames flirteuses. Ils y auraient mes livres.

Et une chambre vide. Mais en fait, tu peux y trouver ma télé, ma laptop et mon matelas sur l’étage. Calme et toute en blanc et bleu comme tu as trouvé la première fois quand tu étais ici. Je vais garder ma chambre exactement comme ça.

Je ne sais pas encore ! Mais d’abord, il faut qu’on reste amis. Seulement si tu veux la même.

Ton amour fou

Jules


De:       Charbonnier, Nicole
Date:   Mardi le 29 février 2016 22h39
À:     Paget, Jules
Objet: Rien de plus

Cher Jules,

Merci pour ta lettre. C’est original!

J’ai pas rien de temps pour lire tout ça. Mais je peux quand même deviner l’idée générale.

Entre nous, c’est pas mon ambition qui est le problème. C’est ton ego. Un ego plus grand que ton habileté, et plus compliqué par une bite qui est trop courte ! Tu as bien compris que j’étais frustrée, mais pas la raison, que tu m’as jamais satisfaite au lit. Et ton insécurité a nous empêché d’être un couple libre, que j’ai suggéré plusieurs fois. Ça crève ton ego, parler du sexe. C’est pour les gens inférieurs, moins intellectuels, non?

C’est vrai que nous étions amis il y a longtemps, mais franchement, je serai ravie de te voir t’en aller. N’attends pas pour moi. C’est génial, ton offre de rester amis après la rupture, mais malheureusement, je décline. Je te laisserai pas le plaisir de savoir tout ce qui se passe dans ma vie. Je vais trouver qq1. Un peu normale cette fois!

C’est fini. Punkt ! Amuse-toi de ta nouvelle liberté. Et bonne chance avec le violon. T’en as besoin.

Nicole

Ecris-moi une lettre de rupture

Choisis bien tes mots, choisis les justes
Comme un artisan prend
Son temps quand il ajuste…

Lara Fabian, La Lettre

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